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Slam, prose, poème et coup de gueule, juste pour écrire ce que l'on pense, ce que l'on vit parce que le dire serait top compliqué ou trop fastidieux...

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Mumbay 1.

 

 

 

     Bombay, où la misère est omniprésente, on arpente tes rues sans pouvoir comprendre ce que l’on voit, l’humanité n’a plus de sens, comment l’homme a pu laisser faire ça ?

     Mon ventre se noue, mon cœur se noie et mes yeux s’emplissent de larmes.

C’est trop dur pour ma sensibilité. J’ai envie de courir. J’ai envie de crier et pourtant j’avance sans savoir pourquoi. Je regarde les yeux dans le vague, je souffre du malheur des autres.

     Les bidonvilles s’étendent dans toute la perspective des rues. Juste des abris fabriqués de tôle, de carton, de plastique, de bois, de papier ; les portes s’ouvrent sur les avenues de bitume démolies, des monticules de gravats et de terre. On se lave dans la rue, des excréments humains tapissent le bitume. Les enfants jouent, mendient, travaillent dans la crasse, la pollution et la circulation. Il y a des tas d’ordures ; ça pue ! Ah, il y a un enfant accroupi les fesses à l’air devant nous, il se soulage. Il y a eu une guerre ici ce n’est pas possible…

     On marche, le nœud au ventre s’adoucit à peine, je savais et pourtant je ne suis pas prêt. La misère on l’avait déjà vue sur Java, elle nous avait déjà ravagés. Ici elle est plus prenante, on ne peut tourner la tête, changer de ville. Alors on avance et on apprend à ne plus voir avec nos yeux de Français.

     Et pourtant il y a quelque chose, une étrange beauté s’en détache. Peut-être ce sont ces femmes de la rue en sari, peut-être ces hommes grands et droits en posture. Ils vivent en communauté, il y a de l’échange, de la solidarité, ça fait longtemps qu’eux ont accepté.

     On tourne, remonte une autre rue, il y a un homme écroulé contre une borne électrique, un autre accroupi à côté. Lorsqu’on passe, il nous croise du regard, ses yeux sont vides, il a une seringue plantée dans le bras un élastique qui la tient.

     Un peu plus loin des gamins nous accostent, ils sont maigres et sales. Ils mendient, pas de l’argent, de la nourriture. On s’arrête dans un magasin, ils veulent du riz ou du lait pour bébé. Le vendeur voit le jackpot et nous demande un prix exorbitant. Qu’à cela ne tienne, on poursuit notre route, Céline va leur chercher un repas dans un restaurant. Comment décrire les yeux d’enfants, qui brillent parce qu’ils ont le droit de manger, nos yeux se brouillent, la rage s’empare de nous, comment en sommes-nous arrivés-là ?

     Nous marchons à nouveau, tout le monde se retourne sur notre passage, on entre dans un restaurant, tout le monde se tait pour une fraction de seconde, nous dévisageant. Nous sommes une curiosité, surtout Céline, femme caucasienne dans un monde d’hommes. On l’interpelle pour lui lancer des obscénités, nous sommes le monde riche: « pour qui on se prend » ; plus loin, on nous appelle, juste pour nous dire un bonjour accompagné d’un signe de la main, on peut lire leur fierté lorsqu’on leur rend.

     L’Inde ne se visite pas, elle se vit, à nos dépends ou pour notre plus grand bonheur, cela dépend de notre capacité à la gérer. Mais une chose est sûre, nous ne sommes pas dans un monde manichéen, ici tous les sentiments se mélangent, bons, mauvais.

     Des fois on vit une chose exceptionnelle, d’autres fois on aimerait ne pas être là, il faut juste trouver le bon équilibre.

 

Mickey ParSi(s)Parla

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