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Slam, prose, poème et coup de gueule, juste pour écrire ce que l'on pense, ce que l'on vit parce que le dire serait top compliqué ou trop fastidieux...

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Ecologie perplexe

Permettez-moi de prendre une posture candide, de jouer avec les mots et de tricher un peu avec les concepts et accompagnez moi jusqu’au bout de cette réflexion (sinon vous allez me détester peut-être), ou alors passez au message suivant....

Il y a des moments où je suis en colère, aujourd’hui je suis perplexe. Perplexe face à la stature soit dogmatique soit sceptique de l’homme  pour ce qui l’entoure.  Prenons l’environnement, il y a des moments où je me demande si je suis obligé soit de crier à la catastrophe, guettant le moindre cataclysme pour croire à la fin du monde, rejetant tout les maux de la terre sur le dos de l’homme, soit de tourner la tête et de dire que nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans l’océan et que la nature est plus forte que nous. Lors de la catastrophe de Fukushima, je me rappelle avoir été choqué par l’ampleur qu’a prise la catastrophe nucléaire par rapport à la catastrophe naturelle. Le nucléaire fait peur, jusqu’à craindre les nuages qui passe au-dessus de nos têtes, 15000 km plus loin. Je me suis alors demandé qu’est-ce que je penserai moi, si  j’étais japonais, que mes filles venaient de se noyer, que ma femme était hémiplégique parce qu’elle s’est faite écrasée par le toit de la maison lorsque celle-ci a été emportée par les eaux. Qu’est-ce que je vivrai intérieurement à chaque réplique sismique, à chaque montée des eaux ? Quelles seraient mes pensées lorsqu’il serait temps d’enterrer les morts ? Qu’est-ce que je penserais lorsqu’il serait temps de retrouver une terre, rebâtir une maison et recommencer à vivre. Je me dis alors que je serai peut-être terrifié par la force de la nature, en colère contre cette terre qui tremble, cette mer qui noie et qui emporte tout. Mais je suis là, en France, je regarde les informations, des informations qui font peur, je me fais peur. Je ne crains ni les tremblements de terre, ni les tsunamis, alors je regarde cette centrale nucléaire fumer,  je me dis que ces pauvres japonais doivent être terrifiés par le risque nucléaire. ..

Bien évidement ce qui différencie la catastrophe nucléaire de la catastrophe naturelle, c’est que la première aurait pu être évitée si l’homme n’avait pas découvert la scission de l’atome. Peut-être que la construction de cette centrale à cette endroit, dans cette partie du monde, sur cette faille sismique ne fût pas un choix de sécurité, où peut-être faut-il arrêter toutes les centrales nucléaires du monde. Alors que faisons-nous, nous retournons au charbon en attendant les énergies renouvelables. Prenons l’Allemagne, elle est à la pointe des énergies renouvelables (18% de la production d’énergie soit 8 de plus que nous qui sommes terriblement en retard dans ce domaine). L’Allemagne a décidé de reconstruire des centrales au charbon, alors là je suis perdu !!! Le charbon, n’est pas ce matériau si polluant que nous avons abandonné il y a peu de temps ? Que nous reste-t-il d’autre comme solution ? Le pétrole, le gaz ? Ou alors recouvrons tous nos toits de panneaux solaires, et installons des éoliennes sur toutes nos côtes et toutes nos montagnes (il nous manque 90% à générer). Alors là je me demande ce que cela pourrait avoir comme impact sur la faune, la flore, la couche d’ozone ?

Il est l’heure de manger, j’ouvre mon frigo, il y a un concombre tueur d’Espagne qui traine depuis quelques jours, je n’ose pas le manger mais je n’ai toujours pas le courage de le jeter. En plus je ne peux même pas le mettre au compost pour le recycler, il risquerait de contaminer tout mon potager. J’allume la télé et là je vois que ce n’était pas le concombre biochimique d’Espagne qui est en cause mais la pousse de soja biologique d’Allemagne, je ne comprends plus rien !!! Le bio tue et rend gravement malade des centaines de personnes ? N’ayant toujours pas mangé, je retourne à mon frigo et je me fais un bol de quinoa de Bolivie et un café commerce équitable du Guatemala. C’est marrant, quand j’étais en Bolivie, on ne m’a pas servi une seule fois du quinoa, peut-être que c’était parce que je mangeais dans des petits restaurants populaires. C’est vrai que cette céréale était la base du plat des boliviens avant qu’elle ne soit réservée à l’exportation pour le plus grand bien de l’occident. Quand à y réfléchir, c’est vrai que je n’ai bu que du café soluble dans toute l’Amérique du Sud. Etrange.

Il faut que je me dépêche, il est presque l’heure du rendez-vous de mes enfants chez le pédiatre. Il ne faut pas que je le loupe, je suis obligé de les vacciner en urgence, la rubéole refait son apparition en Europe. Je ne sais plus trop quoi penser, on m’avait dit que c’était dangereux de vacciner mes enfants ! En plus après j’ai un rendez-vous chez mon constructeur, il faut que je peaufine les détails. J’opte pour l’isolation en panneau de bois, je me demande d’ailleurs avec quoi ils agglomèrent ces particules de bois en panneau, des colles peut-être, et peut-être rajoutent-ils de produits ignifuges, hydrofuges, étrange pour un produit bio, en plus cela me coûte deux fois plus cher. Mais bon, je construis une maison passive, vous vous rendez compte qu’ils sont obligés de mettre un système de ventilation permanent pour purifier l’air ? Ça marche à quoi ça ? A l’énergie nucléaire ? En plus je ne peux même pas ouvrir les fenêtres pour aérer, sinon elle n’est plus passive cette maison ! A se demander si ce n’est pas juste un business, je ne sais pas moi, pour relancer l’économie. Mince, mon réservoir est presque vide, il faut que je trouve une station qui vende du bio carburant, il faut que je fasse un détour de trente kilomètres, encore une arnaque ça ! Et maintenant il parait en plus que ça pollue les terres qu’il a fallu transformer en cultures pour cela, décidemment je ne comprends plus rien.

C’est comme le recyclage, l’autre jour mon voisin qui travaille au tri me dit que finalement ils utilisent les produits recyclés comme combustibles pour brûler les déchets qui du coup ne brûlent plus, ça vaut bien le coup de faire rouler les camions une deuxième fois.

Le lendemain matin, je vais manger chez mon oncle géologue, américain de surcroit. Comme toujours, une fois la politique internationale révisée, nous enchainons sur l’écologie. Là, il me dit que le réchauffement climatique n’est pas dû à l’activité de l’homme, que c’est naturel (et voilà que la nature nous tue à nouveau en nous mettant tout sur le dos une fois de plus). Il me dit que de toute façon, un volcan qui entre en éruption dégage bien plus de CO2 que nous serions capables d’en émettre. Que chez lui, ils enterrent les déchets et qu’ils construisent des villes par-dessus, et que si on laisse une ville à l’abandon, la nature l’aura recouverte en quelques années. Les chauffages tournent à fond, les fenêtres sont ouvertes, toutes les lumières de la maison sont allumées et quelqu’un a encore oublié de fermer le robinet. Une fois le repas terminé, je prends ma voiture à l’éthanol et je rentre chez moi. Sur le chemin du retour, puisque je n’ai rien d’autre à faire, je médite et me pose la question : n’y aurait-il pas un juste milieu à tout cela ? Ne serait-il pas possible de vivre sans avoir soit l’impression que quoi que nous fassions nous nous tuons ou tuons l’environnement, soit l’impression que nous pouvons tout faire parce que de toute façon la nature reprendra ses droits sur nous ?

Alors maintenant j’ai décidé que tant qu’à faire je recycle, je gère mes consommations d’énergie, je cultive mon jardin et je regarde ce que je mange, je prends soin de la nature qui m’entoure pour que mes rivières soient propres, ma terre saine, et mon air agréable. Je me promène en montagne, je prends le soleil dans mon jardin, je fais découvrir à mes filles la beauté de la nature, elles me demandent comment elle est faite. On sort dans le jardin la nuit des étoiles filantes et on observe le ciel en faisant des vœux. Pendant les vacances, on part découvrir la mer, les volcans d’auvergnes, les montagnes, les lacs, les torrents, les forêts ; encore des questions et plein de réponses… Puis quand on rentre, les pommiers et les pruniers regorgent de fruits, les forêts de champignons, on s’occupe encore du potager avant l’arrivée de la neige, les arbres commencent à se colorer. Et puis moi, je ne regarde plus les infos et ne parle plus écologie avec mon oncle…

Ce texte ne se place pas dans une posture dogmatique, mais est bien écrit pour faire réagir….

Il m’arrive de consommer du quinoa, j’adore le café commerce équitable du Guatemala, je regarde l’énergie nucléaire d’un œil attentif, j’utilise des peintures bio dans ma maison, j’attends avec impatience que les panneaux solaires deviennent performants et j’éduque mes enfant à prendre soin de l’environnement.

Il serait tout aussi dangereux de concevoir l’écologie comme une pensée et une action figée, celle-ci est en perpétuel mouvement, s’adaptant aux problèmes visibles (ou imaginables) à court et à long terme, elle invente, elle teste, elle adapte et se réadapte. Il faut donc considérer qu’elle a le devoir d’être soumise à la pensée critique, qu’elle puisse être évaluée, qu’elle puisse se tromper par moment afin de pouvoir se réadapter, se corriger, évoluer, être juste envers l’homme et la nature. Parce que c’est nous qui avons conceptualisé l’écologie, parce que nous nous sommes rendu compte du caractère exceptionnel de la vie de l’homme sur terre, que nous sommes le fruit du hasard de l’évolution, résultant de la plus grande crise écologique de l’histoire de la terre. Nous avons conceptualisé cette écologie pour notre survie, pour créer les conditions de cette survie, jusqu’à la prochaine crise écologique qui laissera la place à une autre forme de vie dominante. Que cette crise soit de notre fait ou non, peut importe, si nous avons tout fait pour nous préserver, parce que nous ne pourrons jamais réduire à néant notre impact, peut-être d’ailleurs que l’équilibre de la nature, ne comprend pas l’humanité dans son équation….

 

Mickey ParSi(s)Parla

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