Slam, prose, poème et coup de gueule, juste pour écrire ce que l'on pense, ce que l'on vit parce que le dire serait top compliqué ou trop fastidieux...
Voyager à deux, est une toute autre façon de vivre. Lorsque les premières idées de notre tour du monde ont mûri dans nos têtes, la question « serons-nous capables de nous retrouver ensemble 24 heures/24 heures ou presque pendant un an » m’a traversé l’esprit. Cela faisait six ans que nous partagions notre vie, six ans que nous vivions sous le même toit, six ans à apprendre à partager avec l’autre, à faire des concessions afin de trouver notre équilibre. Mais pendant toute cette période nous avions chacun nos études, notre travail, nos occupations. Nous avions notre jardin secret, nous avions des choses à échanger, une vie en dehors de notre foyer.
Bien évidemment nous sommes partis en vacances ensemble à chaque fois que nous en avions l’occasion, nous avions déjà expérimenté cette proximité. Mais cela, pour une courte durée, un mois tout au plus.
Nous nous échappions de nos vies pour nous réfugier dans un monde loin de nos contraintes habituelles. Une échappatoire où nous troquions l’ordinaire pour l’extraordinaire, la routine pour la découverte. C’était à chaque fois un bol d’air pour notre couple, avant de nous replonger dans nos petits soucis.
Et pourtant à chaque fois nous découvrions un peu plus toute la difficulté de tout partager, toute l’asphyxie que peut amener la communion parfaite.
Maintenant nous avons appris à le vivre dans le quotidien, un an peut paraître une éternité lorsqu’on a plus d’intimité, plus d’échappatoire. Nous sommes toute la journée ensemble, toute la nuit ; les repas, le repos, la toilette, la lecture, la réflexion, le voyage, la détente, la maladie, la joie, la tristesse, les activités, l’inactivité, l’ennui, l’excitation ; tout est partagé, tout est vécu par nos deux entités. Lorsque je me retourne elle est là, en face de moi, à côté. Je ne peux la perdre de vue trop longtemps dans les pays que nous traversons; même dans nos pires disputes nous sommes voués à rager l’un à côté de l’autre, attendant un moyen de nous réconcilier.
Et pourtant lorsque nous sommes assis autour d’une table, les sujets de discussion ne tarissent pas, l’échange est de tout instant. Nous avons appris à nous connaître plus intensément, à nous aimer plus profondément. Nous avons, pour cela je pense, développé une façon d’appréhender le monde différente, accentué des points d’intérêts individuels, affûtés des talents et compétences complémentaires mais propres à chacun de nous.
J’attends avec impatience de retrouver mes amis, mes occupations, un travail, mon jardin privé ; mais une chose est sûre : cette proximité nous aura également changés.
Mickey ParSi(s)Parla